Sécurité publique
Suite à sa signature par le Président de la République, Sergio Mattarella, et à sa publication au Journal officiel, le décret-loi relatif à la sécurité publique, approuvé par le Conseil des ministres en février 2026, est entré en vigueur. Ce décret, comme chacun sait, porte sur l'ordre public, les infractions commises avec des armes ou des instruments susceptibles de causer des blessures, les manifestations, les mineurs et l'activité de la police. Il introduit notamment des dispositions spécifiques concernant… Port, vente et amendes pour couteaux et lamesLe texte porte notamment sur les couteaux de poche pliants. Par rapport au projet de loi diffusé et commenté par Federcaccia ces derniers jours, la seule modification concerne la suppression de l'obligation pour les détaillants d'enregistrer la vente de lames dépassant une certaine taille. Toutefois, l'interdiction absolue de vente et de cession aux mineurs demeure, de même que l'obligation de vérifier l'âge de l'acheteur et les sanctions administratives prévues pour les parents de mineurs qui enfreignent cette règle, avec des amendes allant de 200 € à 1 000 €.
Prévention du crime
Après avoir réglé la question d'une nouvelle contrainte administrative pour les commerçants, difficile à appliquer et dont l'utilité en matière de prévention de la criminalité est plus que douteuse, il n'en demeure pas moins qu'il est illégal de porter, même à la campagne ou en forêt, et pas seulement dans les zones résidentielles ou les bars, un couteau pliant dont la lame mesure plus de 5 cm et qui est muni d'un système de verrouillage. Ce dispositif technique est conçu non pas pour accroître le danger, mais pour empêcher toute fermeture inopinée susceptible de blesser l'utilisateur. Contrairement aux lames fixes ou munies du système de verrouillage susmentionné, d'une longueur maximale de 8 cm, il est impossible d'invoquer, pour ces couteaux, une justification valable – une formule par ailleurs extrêmement vague et sujette à interprétation – et il semble n'y avoir aucune excuse. Nous attendons les clarifications d'application urgentes que nous avons demandées, sans attendre l'examen du décret par le Sénat, prévu en avril. Lors de cette révision, nous espérons un examen attentif qui, tout en respectant l'esprit et la motivation qui la sous-tendent, ne complique pas inutilement la vie de ceux qui utilisent les couteaux correctement et en toute légalité, et, surtout, élimine une liberté d'interprétation excessive. Nous recommandons aux chasseurs d'opter, au moins pour cette phase initiale, pour un couteau à lame fixe.
Que prévoit le décret ?
Le décret n'introduit pas de nouvelles infractions pénales, mais, en se coordonnant avec la législation existante – la loi 110/1975 et la loi consolidée sur la sécurité publique (TULPS) –, il renforce et précise les règles en vigueur. Toutefois, la taille et le type de couteau deviennent plus pertinents et les peines sont plus sévères, prévoyant une peine d'emprisonnement de six mois à trois ans et la possibilité pour le préfet d'appliquer, pour une durée maximale d'un an, une ou plusieurs des sanctions administratives complémentaires suivantes, après notification à l'autorité judiciaire compétente :
a) suspension du permis de conduire, du certificat de qualification professionnelle pour la conduite de motocyclettes et du certificat d’aptitude à la conduite de cyclomoteurs ou interdiction de les obtenir ;
b) suspension du permis de port d’arme ou interdiction de l’obtenir.
Nous parlions des dimensions de la lame :
5 cm : Pour les couteaux pliants à verrouillage de lame ou à ouverture facile, le décret instaure une réglementation beaucoup plus stricte, interdisant de les emporter hors du domicile ou de ses dépendances. Aucun motif n’est requis.
8 cm : les mêmes sanctions sont prévues, mais il est fait explicitement référence au critère de « motif justifié ».
Qu’est-ce que cela signifie pour le citoyen, et notamment pour le chasseur ? Porter un couteau de poche classique à lame verrouillable en ville ou en dehors des périodes de chasse, ne serait-ce que pour couper des cigares ou effectuer d’autres tâches quotidiennes, est désormais extrêmement risqué.
Port, transport et « motif justifié » pour le chasseur
L'élément clé demeure la distinction entre port et transport, et la capacité de démontrer une raison justifiée.
– Port : c’est-à-dire avoir le couteau sur soi, prêt à l’emploi (dans sa poche, à sa ceinture ou, en tout cas, immédiatement accessible) dans un lieu public ou ouvert au public.
– Transport : ranger le couteau, le rendre inutilisable immédiatement (dans un étui, une valise, séparé du contexte d'utilisation), par exemple dans le coffre de la voiture lors d'un déplacement vers ou depuis un lieu de chasse.
Le décret sur la sécurité ne supprime pas la notion de motif justifié, mais l'inscrit dans un cadre plus rigoureux : toutes choses égales par ailleurs, la marge de tolérance est aujourd'hui plus réduite et les sanctions plus sévères.
Quels changements cela apporte-t-il au chasseur ?
– Couteaux de chasse à lame fixe : ces outils restent typiquement associés à la chasse (éviscération, dépeçage, sécurité des chiens, etc.). Dans un contexte de chasse, avec un permis valide et dans une zone autorisée, leur utilisation est parfaitement justifiée.
– Couteaux pliants à verrouillage de lame : ce sont eux qui sont réellement visés par le décret. Utilisés comme « couteau de poche » en ville ou hors chasse, ils deviennent facilement contestables, surtout avec des lames de plus de 5 cm.
Les scénarios concrets
Il est donc conseillé de ne porter un couteau sur soi qu'en cas de nécessité :
Chasse : à la ceinture ou dans votre sac à dos, dans la zone de chasse, avec un permis et des documents valides.
À la chasse : le matériel doit être stocké et transporté, mais ne doit pas être porté sur soi sans raison valable.
De plus, le fait de posséder un couteau ou tout autre outil tranchant ou coupant « compatible » avec les activités de chasse limite considérablement les risques de litiges : un couteau de chasse classique, et non un couteau de combat « tactique », rend la justification plus solide.
– En voiture : il est préférable de ranger les couteaux dans un étui, dans le coffre, séparément des armes et hors de portée immédiate.
– Au bar ou en ville après la chasse : évitez de garder le couteau à la ceinture ou dans votre poche ; rangez-le dans votre voiture ou dans un contenant fermé.
– Hors saison : sauf pour la chasse, ne portez pas de couteaux « importants » : la justification devient beaucoup moins valable.
En conclusion
Pour un chasseur, un couteau est un outil utile, voire indispensable. Le nouveau décret de sécurité n'interdit ni la chasse ni les outils nécessaires, mais il rend beaucoup plus risquée toute activité qui dépasse le cadre d'un motif légitime, clair, démontrable et proportionné.
Être rigoureux dans la manière dont nous choisissons, portons et transportons nos couteaux de chasse n'est pas seulement un moyen d'éviter systématiquement les ennuis juridiques, mais aussi une façon de démontrer davantage notre sérieux en tant que citoyens et passionnés.
En attendant les clarifications nécessaires et appropriées des autorités compétentes, il est recommandé de ne porter sur soi, et uniquement lors des activités de chasse, que des couteaux à lame fixe clairement destinés à un usage de chasse (source : Federcaccia).





































